A propos de "Rimbaud le fils" de Pierre Michon, André Rougier

Ô frêle noyau, livrant tes choix aux vents, aux carrefours, aux brins d'herbe, pierres gisantes où ne demeure que ce qui devient deux, s'innocente, s'incurve, s'abaisse à ses propres poussières... Ici le lieu n'est plus enclos ni territoire, don d'emblée saisi, lest de chance, dépouille des lois. Comment condamner ou pardonner lorsque l'on est comme l'eau qui va partout où aller se peut, fin sevrant ses moyens plutôt que les plier à ses offices ?
Climat de la lisière, accueillant sans peser, conviant au passage, pas au séjour... En lui, l'ombre même s'allège, dénude et sépare, en appelle à ce jeu qui te mène, haies après énigmes, aux orées, puis à découvert dans le champ qui s'éloigne sans bouger, mûrir le serpent dans la soudaineté embuée où, comme à jamais, fond le regard, et ses doubles...
L'adolescent de toujours marche, veille, soupèse. Il est seul. Ce qui vaut, et vaudra, ne se mesure qu'à son aune.
André Rougier
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