Textes d'auteurs

Opuscules. Pour ceux qui écrivent et veulent être lus.

Dans la section Textes d'auteurs, retrouvez les Opuscules, des textes proposés à la lecture par des auteurs. Ce sont des histoires courtes ou tout ou partie de nouvelles, feuilletons, romans, pièces de théâtre, recueils de poésie, essais, etc. sous la forme d'articles et/ou de fichiers à télécharger.

Opuscules
opuscule masculin
Petit ouvrage de science ou de littérature.
  • « Mais c'est si ravissant ce petit opuscule, ce petit tract », dit Mme Swann. — (Marcel Proust, À l’ombre des jeunes filles en fleurs, Première partie)
  • Mais il y a aussi le flot ininterrompu des brochures et opuscules sur l'islam qui encombrent les kiosques et les étalages de livres sur les trottoirs des grandes villes d'Égypte. — (P.J. Vatikiotis, L’Islam et l’État, 1987, traduction de Odette Guitard, 1992, p.135)
o·pus·cule
n.
A small, minor work.
[Latin opusculum, diminutive of opus, work; see opus.]
opuscule [??p?skju?l]
n
(Fine Arts & Visual Arts / Art Terms) Rare a small or insignificant artistic work
[via French from Latin opusculum, from opus work]
opuscular  adj
opuscule - A diminutive of opus, meaning a minor or small work, literary or musical.
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Lola, Danièle Secrétant

Écrit par Danièle. Posted in Textes d'auteurs - Nouvelles

(5 votes, moyenne 4.80 de 5)

Lola

Lola marchait sous la pluie à pas usés. Son manteau s’alourdissait d’eau, ses chaussures imbibées comme des éponges faisaient un bruit de succion répugnant. Il faudrait qu’elle trouve un imperméable et des bottes en caoutchouc. Un vrai problème à résoudre. Elle fit mentalement la liste des endroits où elle pourrait dénicher ça. Elle aurait dû s’y prendre avant le début de l’hiver mais ce foutu espoir l’avait rendue négligente. Les autres, plus prévoyants, s’étaient rués sur les stocks. Et les stocks de fringues fondaient comme fondaient les stocks de nourriture. Sale temps pour les pauvres ! Sale temps pour les pauvres parmi les pauvres ! Lola se courba un peu plus vers le sol. Une mèche de cheveux à la texture d’algue glacée ruissela dans son cou. L’hiver n’était pas aussi froid que les précédents, mais il pleuvait souvent. Bon Dieu ! Qu’est-ce qu’il pleuvait ! Une réédition du Déluge ! Sa cave serait peut-être inondée, elle aurait dû rentrer plus tôt.

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Lettre à un ami tunisien

Écrit par REY. Posted in Textes d'auteurs - Non fiction

(1 vote, moyenne 4.00 de 5)

 

Lettre à un ami tunisien

 

La dernière fois que je t’ai vu, Karim, c’était il y a deux ans. Notre rencontre fortuite m’avait fait d’autant plus plaisir que je gardais un souvenir ému de l’étudiant pondéré et curieux que j’avais comme élève.

Encombré d’une grosse valise et d’un sac à dos, tu m’avais raconté que tu prenais le train pour Paris puis l’avion pour Tunis. Cela faisait des années que tu attendais ce moment, même si tu ne te faisais guère d’illusions sur ce que serait ton avenir là-bas : le chômage probablement, les atteintes à ta liberté d’expression certainement. Mais c’était ton pays autant que celui de tes parents qui avaient tant souffert de leur condition d’immigrés en France.

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Le carton et le pull-over, Danièle secrétant

Écrit par Danièle. Posted in Textes d'auteurs - Nouvelles

(3 votes, moyenne 3.67 de 5)

 

LE CARTON ET LE PULL-OVER

Pour Monique, François, Justine, David… et Blups.

 

Aujourd’hui le vent mugit. Dressé devant lui, je le brave et je l’apostrophe. Il pourra bien continuer à mugir et rugir, souffler et siffler, brailler et s’époumoner, moi seul apporterai les réponses. Nous aimons ces joutes au sujet du monde. Je pose des questions, et s’il sait qu’il n’a rien de mieux à proposer que ses mugissements et ses rugissements, ses soufflements et ses sifflements, ses braillements et ses époumonements, il essaie pourtant de trouver autre chose. À la fin, épuisé et vaincu, il se tait. Il rase le sol, il reste coi planqué dans les herbes folles. Mais je devine sa présence à leur légère houle, je suis sa trace.

Siam avait accepté de vivre avec moi parce que je parle au vent. Elle a rapidement trouvé que c’est insupportable. Que ce caillou m’a rendu fou et qu’elle refusait de sombrer dans ma folie à son tour.

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Le fou du royaume d'hiver, Jean François Joubert

Écrit par jeffjoubert. Posted in Textes d'auteurs - Nouvelles

(3 votes, moyenne 4.67 de 5)

Au bout du monde là où commence l'aventure, le soleil s'étiole.

Noctambule et insomniaque, Yvons Kerbraz, de nature iconoclaste, celui que les gens dévisageaient, l'arriéré de la bourgade, comme ils disaient, vivait le jour dans une chimère de fin gourmet. Sa fantasmagorie le laissait libre d'imaginer une autre vie que celle des monstres envahisseurs de ses nuits nacrées, Trolls, Sylphes, Elfes qui l'attaquaient de front et sur le fond de sa mémoire. Ces êtres malsains et méchants le poursuivaient jusqu'au levant, et ainsi pour sortir des ténèbres, cet imbécile heureux, dernier d'une famille de sept enfants, surnommé jour après jour l'idiot du village, rêvait de se réincarner en un sorbet à la fraise, à la figue, au citron, au gingembre..., tout en peuplant sa chambre de ses maux doux dodus.

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Bleu Terre, Jean François Joubert

Écrit par jeffjoubert. Posted in Textes d'auteurs - Formes libres

(3 votes, moyenne 4.33 de 5)

Sommaire : Court récit d'une semaine en Enfer - Voyage - Drôle d'oiseau - La sorcière - Passion passagère - La femme horizon - Mer - Le vent de tes silences - Le parchemin - Papillon - Le lac des cygnes - Mars, le golf de l'aurore - Quatre saisons - Orage - Fille de hune - Le clown - Le Haut de forme sous la pluie - L'enfant - Fantôme de nos mémoires - La route du dragon - Le solitaire - Drôle de Voyage - Lieu - Arôme - Mars la rouge - L’ours - L'îlot - Le cheval de mer - La falaise - Melon - Suspension divine - Terre minus - Crépuscule - Une longue route - Deuxmains - Éclats de lune - Le port - La torche - Visage - La mer du Japon - Oh calme - Le vieux - Abysse - Silex - Le parfum - De un à sept - Aix-en-Provence…

 

Court récit d'une semaine en Enfer


Lundi, la Lune se promène seule tout là-haut, complète ou en banane ; j'aime qu'elle éclaire mes nuits et m'entraîne vers Mars. Mardi, j'ai des doutes, des absences de calcul, et je circule dans ma ville de Mercure. Mercredi, j'ai mal. Les enfants jouent à la balle et leurs cris heurtent les oiseaux que Jupiter surveille du coin de l'œil. Jeudi, je m'évade. Une balade sur un champ de pâquerettes, je rêve au sourire de ta silhouette, douce Vénus. Vendredi, souvenir d'une marelle, d'une pierre que l'on jette pour monter au ciel, le paradis de Saturne. Samedi, mon regard se promène de rues en ruelles et je pense à l'avenir, au dimanche.

La Terre appelle de toutes ses forces le Soleil et je crève sans rayon charnel.