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Le rêve de machiavel, Christophe Bataille

Écrit par Jean-Claude. Posted in Résumés critiques - Romans

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Le rêve de Machiavel, Christophe Bataille, Grasset, ISBN-13: 978-2246738114, France.
Livre Le rêve de machiavel, Christophe Bataille

L’histoire se passe en Italie, en Toscane, vers 1520, donc pendant la Renaissance. La peste a envahi la région. Machiavel, qui est à la fois écrivain, mais aussi homme politique – il a été ambassadeur et a subi des tortures ici et là – arrive à Sienne. Il entre dans la ville où la peste sévit.

Dans cette ville, plus aucune valeur ne subsiste. Il a beau être le grand Machiavel, cultivé, riche, intelligent, il n’est plus rien qu’un humain comme les autres à la recherche d’eau potable ou de nourriture.

Dans ce contexte où l’on n’hésite pas à torturer, brûler et tuer n’importe qui supposé responsable de la peste, l’apothicaire, le juif, les filles aux cheveux longs, etc.

Machiavel essaye de passer inaperçu. Il se cache dans une auberge où il reste seul un moment avec l’hôtelière, qu’il nomme « la reine ». Malgré sa laideur, il a avec elle des moments d’intimités, personne ne sachant combien de temps il lui reste à vivre. Puis un jour, elle disparaît... Un peu plus tard, Machiavel recueille une très jeune fille promise à une mort certaine. Il s’en occupe lui assurant une fin honorable. Étonnement, il éprouve pour elle une réelle affection, comme si finalement, la seule vraie valeur humaine qui reste en toutes circonstances, c’est l’amour, l’affection.

On navigue souvent entre le rêve et la réalité, puisqu’il n’y a plus de réalité, plus de valeur. Machiavel se sert ainsi de l’un de ses diamants pour acheter de l’eau.

Puis, comme dans La peste de Camus, la maladie part sans qu’on sache pourquoi et la vie reprend comme si rien ne s’était passé.

Belle écriture et beau style, mais parfois on s’embarque dans des passages un peu onirique. Certains diront que c’est très fort.


La critique de la société et de son système de valeur : tout ce qui est acquis dans une situation de vie paisible disparaît en cas d'événement dramatique : le savoir, la richesse, la culture, les processus de gouvernance, etc.

On ne peut s’empêcher de comparer le texte avec La peste de Camus, bien que les époques et les contextes soient différents. On peut aussi imaginer d’autres situations conduisant aux mêmes conséquences : guerres civiles par exemple...

Les conclusions sont aussi différentes: ici on ne vante pas tellement le courage d’un homme, mais c’est plutôt une réflexion sur notre existence et nos valeurs.

Un livre à recommander aux amateurs de philosophie, mais pas forcément facile à lire pour ceux qui cherchent simplement à se distraire.


Présentation de l’éditeur

Quelques semaines avant sa mort, à Florence, Machiavel est surpris par la peste. La ville est comme son tombeau. Derrière les palissades, on vit dans la peur, on abandonne ses enfants, on vole du pain gris, on se lave au vinaigre. En quelques heures, l’humanité s’effondre. Sur les bords du fleuve, un prophète réclame des bûchers. Une sorcière tombe en transe. Étrange enfer que cette ville somptueuse, encerclée par les soldats, où se multiplient les meurtres et les viols… Tel est le piège dans lequel se trouve pris le grand penseur politique, l’homme parfaitement civilisé, le voyageur, l’intriguant, l’écrivain. Mis à nu par la maladie, seul, Machiavel garde les yeux ouverts. Sans trop savoir pourquoi, il sauve du bûcher une jeune femme malade…. « Et voici ce que je raconte, après dix années de doute et d’esquisses : le dernier amour de Machiavel. Comment le penseur tombe amoureux au milieu des corps et des mauvais rêves. Le prince qu’il n’est pas décide de soigner cette femme, il la lave, la dévêt, lui parle, l’embrasse, s’allonge contre elle, contre elle et contre tout, jusqu’au dernier instant…. Je prends Machiavel à son histoire. J’en fais un homme. Pour Machiavel, il a fallu ce long chemin. Il a fallu les voyages, l’exil, il a fallu les livres, les traités, les grandes découvertes, les femmes, la bizarre course du temps pour qu’il ne reste rien : rien du grand esprit, rien de la gloire. Car la peste renverse tout. » Christophe Bataille nous donne un magnifique roman sur la maladie et le néant, qui sonne comme un avertissement : le mal ne se dit pas, et ses formes sont légion. Mais c’est aussi un roman d’amour, car c’est un geste d’amour qui renverse Machiavel et le monde.

L'auteur

Christophe Bataille, né en 1971, est l’auteur de plusieurs romans, parmi lesquels Annam (Arléa, 1993) et J’envie la félicité des bêtes (Grasset, 2002), Quartier général du bruit (Grasset, 2006). Il est éditeur chez Grasset depuis 1997.

Broché: 217 pages
Editeur : Grasset & Fasquelle (27 août 2008)
Langue : Français
ISBN-10: 2246738113
ISBN-13: 978-2246738114
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