Le livre d'Hanna, Géraldine Brooks

Au cours de la soirée rentrée littéraire de la librairie L'Attrape-Cœurs, Hélène avait dit beaucoup de bien du texte Le livre d'Hanna de Géraldine Brooks. Curieux de cette lecture, je le lui ai emprunté et bien m'en a pris.
Hanna Eath est une journaliste australienne encore jeune, dont le métier est de restaurer les livres anciens. On lui confie la mission de travailler sur une très vieille et très belle Haggadah, livre utilisé pour lire les prières juives au moment des fêtes de Pâques.
Cette Haggadah a été retrouvée dans les ruines de Sarajevo alors que la ville est engagée dans la guerre de Bosnie. Le livre a été sauvé par un conservateur de musée musulman scrupuleux de préserver les œuvres d’art quelle que soit leur origine.
Les découvertes d’Hannah donnent prétexte à l’auteur pour nous faire voyager dans le temps et dans différents pays en remontant aux origines de cette Haggadah miraculée. Par un concours de circonstances incroyable, et surtout grâce à la protection successive de différentes personnes, le livre aura échappé à la destruction malgré les siècles et les événements. Par exemple, le récit est l’occasion de nous montrer la dureté des conditions de vie des Juifs dans l’Espagne de l’Inquisition et, plus tard, dans le ghetto de Venise.
Sans rien dévoiler de l'intrigue, car le lecteur a encore beaucoup à découvrir, on peut dire que ce texte est très enrichissant et présenté de manière tout à fait originale. C’est en effet la Haggadah qui en est le héros et que l’on suit à travers les siècles. Le texte est aussi l'occasion de montrer que des gens de toutes confessions, de tous milieux et de toutes époques, ont pu et peuvent tout à fait s’entendre et s’entraider les uns les autres, au-delà des conflits ; conflits qui sévissent, hélas, encore aujourd’hui.
Personnellement, et c’est pourquoi je n'ai pas mis la note la plus élevée, j’ai été un peu déçu par l'épilogue. Mais ce n’est qu’un avis personnel et qui n’enlève rien à la réussite de l'ensemble.
Le livre d’Hanna est plaisant à lire. Ce n’est pas un livre de grande littérature au sens où c'est l'Histoire qui prime. Néanmoins, il faut saluer la traduction, car à aucun moment on n'a la sensation que le livre a été originellement écris en anglais.
Plusieurs passages humoristiques sont à noter, notamment ce rabbin Vénitien attiré par les jeux d’argent.
Le livre d’Hanna convient à tous les publics. Il intéressera aussi bien le lecteur amateur d’histoires vécues que celui passionné d’Histoire. On peut aussi bien sûr le suggérer à des adolescents, mais pas trop jeunes malgré tout.
Présentation de l’éditeur
En Europe, en Australie et à Jérusalem, de 1480 à 2002. 1996, Sarajevo. Hanna Heath, une Australienne d'une trentaine d'années, conservatrice passionnée de manuscrits anciens, se voit confier le livre que tout chercheur rêverait de tenir entre ses mains : une célèbre Haggadah, vieille de plusieurs siècles, retrouvée il y a peu dans les ruines de la ville. Dépêchée de l'autre bout du monde pour cette mission, Hanna compte bien percer les secrets de ce livre hébreu, de ses sublimes enluminures et de ces hommes et femmes de toutes religions qui l'ont fabriqué, manié et sauvé à travers les âges. Elle s'intéresse ainsi à la personnalité d'Ozren Kamaran, le bibliothécaire musulman du Musée national, qui a caché la Haggadah pendant le siège de Sarajevo. Marqué par les tragédies du passé, cet homme ténébreux va éveiller des sentiments nouveaux en Hanna… Mais, riche de ses découvertes sur l'artefact, la jeune femme part mener l'enquête, prête à tout pour découvrir l'incroyable destin de ce livre sacré, témoin éclatant des drames de l'Histoire auquel lui et son peuple ont survécu. De Sarajevo pris dans la tourmente nazie à la montée de l'antisémitisme dans les années 1890 à Vienne, des dernières heures de l'Inquisition vénitienne à l'expulsion des Juifs de l'Espagne d'Isabelle la Catholique, Hanna parvient à lever un bout du voile sur ces actes de courage ou de lâcheté qui ont fait l'histoire du manuscrit. Depuis ce bibliothécaire musulman qui va sauver la Haggadah sous le nez des Allemands, à ce censeur papal et ce rabbin, rongés par des vices cachés, qui vont le faire échapper aux flammes condamnant les ouvrages hérétiques, jusqu'à cette esclave musulmane africaine, passionnée de peinture, dans l'Andalousie mauresque de la convivencia. En hommage à tous ceux-là et bien d'autres encore, Hanna se lance dans une quête de vérité, qui va la mener plus loin qu'elle ne l'aurait imaginé…
L'auteur
Correspondante de guerre pour le Wall Street Journal pendant quatorze ans, Geraldine Brooks a couvert des combats en Bosnie, en Somalie et au Moyen-Orient. Une incarcération dans les geôles nigériennes la pousse à abandonner le journalisme. Elle se consacre alors à la rédaction de son premier roman, 1666 (Calmann-Lévy, 2003 ; 10/18, 2004). Lauréate du prix Pulitzer pour March en 2006, Geraldine Brooks est également l'auteur d'un essai intitulé Les Femmes dans l'Islam : Un monde caché (Belfond, 1995). Le Livre d'Hanna est son troisième roman. Née en Australie, où elle a grandi, Geraldine Brooks vit à présent à Vineyard, une petite île près du Cap Cod, avec son mari, leur fils et leurs trois chiens.
- Broché: 413 pages
- Editeur : Belfond (14 août 2008)
- Collection : Roman
- Langue : Français
- ISBN-10: 2714444687
- ISBN-13: 978-2714444684
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