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Diotime et les lions, Henry Bauchau

Écrit par Danièle. Posted in Résumés critiques - Romans

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Diotime et les lions, Henry Bauchau, Actes Sud, ISBN-13: 978-2742713691, France.

Bauchau Henry - Diotime et les lions

À l’heure où, ici et ailleurs, des femmes se battent pour que leur droit à vivre comme des individus à part entière soit reconnu, je souhaite donner l’envie de lire à celles et ceux qui ne l’aurait pas lu ce petit texte d’Henry Bauchau,

Diotime et les lions.

Le prénom fait immédiatement écho à des souvenirs du Banquet, de Platon. Fausse piste sans doute, mais il me plait de croire que la Diotime d’Henry Bauchau est la Diotime devenue femme et philosophe du Banquet de Platon.

Ce prénom associé aux lions fait également écho aux récits des persécutions des premiers chrétiens. Fausse piste encore.

Quelque part entre l’Orient et l’Occident existe un peuple dont les plus lointains ancêtres sont les lions.

Bauchau Henry - Diotime et les lionsDiotime est une petite fille membre d’un clan sur lequel règne Cambise, son grand-père. Son père Kyros « que j’admirais tant, qui avait commandé une flotte et gagné des batailles sur l’océan des Indes, semblait parfois effrayé en sa présence. » Diotime, elle, ne craint pas ce grand-père qui arrive à cheval et s’en va « tourbillon de poussière, dans un grand tumulte de chevaux. ».

L’enfant demande à monter à cheval, au grand désespoir de sa mère qui souhaite pour sa fille, « une vie douce et harmonieuse où, comme ma sœur, j’apprenais la danse, la poésie, la musique, tandis que ma mère nous initiait aux travaux de la maison. »

Mais Cambise l’a décidé :

Ta fille sera bonne cavalière, je lui apprendrai à monter et à chasser moi-même.

L’enfant, affectueusement surveillée par son grand-père, devient une cavalière émérite. Elle en veut plus encore.

Contre l’avis de sa mère, « elle m’a supplié d’y renoncer en me disant que ce n’était pas la place d’une jeune fille et que la tradition ne le permettait pas », Diotime se prépare à participer au combat rituel contre les lions.

Une fois par an, avait lieu entre eux et nous une guerre rituelle qui durait deux jours et une nuit.

Kyros, le père, comprend et accepte. Diotime en est convaincue, à l’origine du clan « il y avait eu des déesses lionnes aussi terribles, aussi puissantes que des lions. »

 

Bauchau HenryRécit d’un passage à l’âge adulte, récit d’une initiation qui crée du conflit, bouscule la tradition, en fait naître une autre où la femme peut se confronter aux lions.

Récit d’un amour. Celui de Diotime pour ses parents, son grand-père et plus tard pour Arsès. Arsès et Diotime s’aiment, mais un dernier combat doit avoir lieu. Arsès doit tuer le Grand Lion. Cambise pourra alors mourir à son tour.

Récit sensible et violent, parfois sauvage. Si Diotime tue, elle a aussi le don de guérisseuse, transmis par sa mère.

En peu de page, Henry Bauchau nous fait vivre une épopée où toutes les passions humaines se bousculent, où ni le sang, ni la tendresse, ni l’amour ne sont absents.

En fermant le livre, j’ai fait un rêve. Que tous les hommes se nomment Cambise, Kyros ou Arsès. Que toutes les femmes prennent leur vie en main comme Diotime.

Une amie m’avait offert ce livre. Je l’ai offert à ma fille. Elle l’a offert à une amie qui l’a offert à sa mère. Elle galope encore, Diotime. Peut-être même qu’elle donne encore des coups de lance.

Merci, Monsieur Bauchau.

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