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La vie commence, Stefan Casta

Écrit par pagesapages. Posted in Résumés critiques - Jeunesse

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La vie commence, Stefan Casta, Agneta Ségol, Éditions Thierry Magnier, ISBN-13: 978-2844207685, Suède.
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Elle se dirige vers le marchand de journaux et s’arrête devant les gros titres, ceux, par exemple, des journaux du soir tels que l’Aftonbladet et l’Expressen. Elle les observe un bon moment sans comprendre de quoi il s’agit. Elle ouvre la porte et avec son sac elle se glisse parmi les tablettes de chocolat, les sachets de chips et les magazines avec des femmes souriantes sur les couvertures. Ça sent le hot-dog et le café, elle s’aperçoit qu’elle a faim et elle essaie de se rappeler à quand remonte son dernier repas. »

Elle, c’est Esmeralda, ou Alice, ou Louise, ou Caroline, selon le jour et la situation. Elle se rend à la ferme des Bertilson mais c’est chez Brigitte l’ancienne cantatrice, Gustavo l’italo-suédois et Victor l’étudiant en philosophie - la seule discipline où il restait encore des places - qu’elle s'arrête.

Et elle reste avec eux, adoptée par le chien Piccolo, attentive à nourrir les mésanges et les verdiers, parlant aux moutons dont elle s’occupe… mystérieuse. On ne sait presque rien d’elle, sinon qu’elle est soumise à de brusques crises pendant lesquelles « ses yeux semblent bloqués » et des bulles de salives se forment à la commissure de ses lèvres.

Victor, le narrateur, sait aussi qu’elle est en fuite, et recherchée par les passagers d’une Saab noire :

Stefan Casta - La vie commence« Je reconnais l’homme et la femme. Les mêmes personnes que la dernière fois. Ils ont des chaussures montantes, des manteaux épais et des écharpes. La femme a un bonnet gris sur la tête. Dans sa main droite, elle tient une serviette avec des papiers importants. Elle a des gants en cuir marron. Je comprends soudain qu’il y a urgence. C’est une question de secondes. Je me précipite dans le salon et ramasse à la hâte les draps et la couverture de la fille que je fourre dans la penderie. C’est tout ce que j’ai le temps de faire. On entend frapper à la porte de façon décidée.
- Ouvre ! hurle Brigitte.
- OK, je murmure.
- Bonjour, je dis à l’homme et à la femme derrière la porte. On se promène ?
J’ignore d’où me viennent ces mots. C’est peut-être la colère qui me donne du courage. La situation a quelque chose de comique mais ce n’est sûrement grâce à nous. »

C’est un roman proprement envoûtant qui sort de l’écriture de Stefan Casta - et de la traduction d’Agneta Ségol. Bien sûr, la suite des événements et le mystère qui plane sont prenants. Mais plus captivante encore est cette ambiance, quasi-magnétique et très finement rendue. Un coin perdu de Suède au bout d’une route indiquée par la pancarte "Moon"… La campagne, les soupes du jour de Gustavo, les veritamente de Brigitte et le chevreuil aux bois d’or… Ne pas s'y laisser prendre est aussi difficile que de résister au personnage d'Esmeralda Alice Caroline Louise.

« La fille frappe à la gigantesque porte. On dirait un tout petit oiseau qui donne un coup de bec à un très gros arbre. »...

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