Imprimer
PDF

Véronique Ovaldé, Ce que je sais de Véra Candida : Rencontre

Écrit par Renaud. Posted in Reportages - Rencontres

(1 vote, moyenne 5.00 de 5)
Index de l'article
Véronique Ovaldé, Ce que je sais de Véra Candida : Rencontre
Véronique Ovaldé, Ce que je sais de Véra Candida : Photos
Toutes les pages
Ce que je sais de Véra Candida, Véronique Ovaldé, Editions de l'Olivier, ISBN-13: 978-2879296791, France.

Véronique Ovaldé - Ce que je sais de Véra Candida

Jeudi 1 octobre, les lecteurs ont eu le plaisir de rencontrer Véronique Ovaldé à la librairie l'Attrape-Cœurs pour une soirée discussion et dédicace de son dernier roman, Ce que je sais de Véra Candida.

En introduction, l'auteur lit un passage du texte, une lecture impeccable. Il est question d'un village, d'hommes et de femmes, d'une femme surtout qui vend ses charmes dans une cabane sur le rivage et d'une petite fille, le tout sur le mode de la fable latino-américaine. La scène se déroule sur l'île imaginaire de Vatapuna.

Justement, il est question de l'imaginaire. L'auteure explique avoir très peu voyagé. Aussi se nourrit-elle de ses lectures – latino-américaines pour ce dernier roman – et de son imaginaire pour (re)construire des pays, des villes (à l'instar de Juan Carlos Onetti ?) qu'elle n'a jamais visités. L'auteure jouit ainsi d'une totale liberté ce qui est bien pratique ! On peut décider qu'un tramway traverse la ville (Lisbonne ?) par exemple. De même, on peut inventer des animaux et décider, pourquoi pas, qu'il existe des merles albinos. Des personnages, l'auteure ne distingue que les contours. Des formes, sauf pour quelques-uns qu'elle se représente clairement.

Et les hommes ? Ils n'ont pas le beau rôle. C'est un livre de femmes. Il traite de la souffrance des femmes, de la condition des femmes. Partout dans le monde les femmes souffrent en moyenne plus que les hommes. Et l'auteur de prendre l'exemple des féminicides à Ciudad Juarez. Tout de même, on trouve un homme bon dans le texte.

L'auteure écrit la nuit quand elle ne trouve pas le sommeil ou tôt le matin quand la ville dort encore. Elle peut alors construire et s'immerger dans son univers, celui du roman. A ce propos, elle fait quelques des remarques sur l'imaginaire et l'inconscient, sur ce que l'on trouve parfois d'étonnant et d'inattendu en fouillant cet imaginaire, sur ce que l'on laisse aussi dans le texte sans s'en apercevoir.

Une lectrice pose une question à propos des titres de chapitre qu'elle trouve remarquables : Est-ce que ce sont les titres de chapitre qui amènent le chapitre ou le titre vient-il du chapitre ? À ce moment, je devais chercher une photo car je n'ai qu'un vague souvenir de la réponse. Ce que je sais de Véra Candida est tiré d'une phrase du texte ? Quelqu'un pourra peut-être compléter...

Véronique Ovaldé - Ce que je sais de Véra Candida

Quelques retours sur les critiques dans la presse – Ce que je sais de Véra Candida a été très bien accueilli – dont l'auteur dit avec humour s'inspirer lorsqu'on l'interroge sur ses livres. Ça facilite les choses ! L'auteure – comme beaucoup d'autres j'imagine – scrute également les blogs – notamment ceux des blogueuses – pour savoir comment ses romans sont accueillis. Et si certains de ses livres prêtent parfois à discussion, ce dernier reçoit un accueil globalement très positif dans la blogosphère.

À ce propos, il y a une discussion sur le thème est-ce que la critique peut faire le succès d'un livre ? Cela a semble-t-il été le cas pour Les bienveillantes qui aurait été lancé par un article en particulier. Le sujet, la façon dont il est traité, le titre même et le battage médiatique (j'avais entendu un chroniqueur parler du livre avant même qu'il ne sorte et il le prédisait important) ne sont pas non plus étrangers à son succès selon moi. Il fait parti des livres qui se vendent tout seul. On s'accorde également à dire que le titre est important. A lui seul, il peut faire le succès d'un livre. Les libraires ne sont pas non plus étrangers au succès (mérité) de certains romans. Le cœur cousu (Carole Martinez) et Les déferlantes (Claudie Gallay) sont effectivement très bons dans leur catégorie (personnellement je leurs donne quatre étoiles, parce que je réserve les cinq étoiles pour Les Onzes de Pierre Michon par exemple). Et puis, il y a le bouche-à-oreille. Le livre inconnu que tout le monde réclame. Il est intéressant de noter que Le cœur cousu ressorte dans la discussion. Car à l'instar de Ce que je sais de Véra Candida, il s'agit d'une histoire de femmes, de transmission et de fatalité, de la condition de la femme aussi et sur le mode latino de la fable, du conte.

Véronique Ovaldé est également éditrice chez Albin Michel. Elle est notamment l'éditrice d'un roman dont on dit beaucoup de bien, Le Club des incorrigibles optimistes. C'est le premier roman – en fait second, car l'auteur a publié un polar il y a plus de vingt ans précise-t-elle – d'un homme d'une soixantaine d'années, Jean-Michel Guenassia. Celui-ci a envoyé son manuscrit par la poste à Albin Michel. Par la suite, il a été confié à un "grand" lecteur (lecteur extérieur) qui l'a remarqué, puis lu par l'éditrice et enfin défendu en comité de lecture. Le manuscrit faisait plus de mille de pages à l'origine. Trop long, il a été retravaillé. Le manuscrit est devenu livre et maintenant il vit sa vie.

L'auteure, qui décidément lit très bien, conclut par la lecture d'un autre extrait. Puis, c'est séance individuelle en tête à tête pour les dédicaces.

En tous les cas, c'était un plaisir de rencontrer Véronique Ovaldé, de l'écouter lire et parler. Très souriante et photogénique, c'était aussi un plaisir de la photographier et de trier les photos.



Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir