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Photos Leonardo Padura, L'homme qui aimait les chiens

Écrit par Renaud. Posted in Reportages - Rencontres

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Photos Leonardo Padura, L'homme qui aimait les chiens

Vendredi 7 octobre les lecteurs de la librairie l'Attrape-Cœurs ont eu le plaisir de rencontrer l'écrivain cubain Leonardo Padura (en) auteur du grand roman historique L'homme qui aimait les chiens. Leonardo Padura était accompagné par Anne Marie Métailié, son éditrice en France, qui a assuré la traduction au cours de la soirée.

L'homme qui aimait les chiens raconte l'incroyable histoire de l'assassinat de Trotski, Lev Davidovitch Trotski (en). Dans ce roman, le lecteur lit trois histoires en parallèle : celle de Ramón Mercader del Río (en) l'assassin de Trotski, celle de Trotski que le lecteur suit dans son exil et, enfin, celle d'Iván Cardenás Maturell, un écrivain cubain dépositaire de l'histoire de Ramón Mercader narrée par l'homme qui aimait les chiens. Pour être précis, il y a une quatrième histoire, celle racontée par Daniel, Daniel Fonseca Ledesma, ami d'Iván, à propos de la fin de ce dernier.

Au cours de la soirée, Leonardo Padura a surtout parlé de l'édition à Cuba, de la vie sur l'île et de politique comme des lecteurs l'interrogeaient sur la question. Le roman en lui-même a été assez peu abordé. L'écrivain explique ainsi que les livres sont rares sur l'île, qu'ils coûtent cher (1€) relativement au salaire moyen (40€) et qu'ils sont subventionnés par l’État ; que dans l'île il semble exister une règle selon laquelle quoique l'on produise il y a toujours la moitié du stock qui disparaît ; que le livre a été publié à quelques milliers exemplaires à Cuba (4000, je crois) et que, par conséquent, seule la moitié a été effectivement mise en vente ; que le livre a reçu le grand de prix de la critique bien qu'il n'y ait pas eu une seule critique dans les journaux. Du fait de la rareté du papier à Cuba et du prix relativement élevé des livres, les Cubains lisent sur leurs téléphones portables [mais peut-être ai-je mal compris]. L'homme qui aimait les chiens a été publié en Espagne, en Italie, en France et à Cuba, mais de façon confidentielle dans ce pays comme nous l'avons vu. Il n'y a pas de véritable marché du livre à Cuba. L'écrivain remercie ses relecteurs, notamment Anne Marie Métailié, pour les suggestions et améliorations apportées. Car un écrivain ne voit pas toujours ce qui est superflu dans un texte.

Concernant le roman, Leonardo Padura confirme que Caridad, la mère de Ramón Mercader, était malade et qu'elle terrorisait ses enfants. Un de ses enfants a d'ailleurs écrit un livre sur elle. L'écrivain explique avoir déjà éprouvé la peur sur l'île à l'instar de son personnage, Iván. Il précise qu'Iván n'est pas tout à fait son double littéraire, mais plutôt l'incarnation du peuple cubain. [Dans L'homme qui aimait les chiens, l'auteur écrit page 666 : (…) Dans son histoire, mon ami émerge comme un condensé de notre temps, comme une personnalité exagérément tragique parfois, animée cependant du souffle indéniable de la réalité. Car le rôle d'Iván, c'est de représenter la masse, la foule condamnée à l'anonymat, et son personnage fonctionne aussi comme métaphore d'une génération et comme le résultat prosaïque d'une défaite historique.]

Une lectrice souligne que L'homme qui aimait les chiens est un roman sur l'exil ; l'exil de Trotski dans différents pays, mais aussi celui de Ramón Mercader qui est exilé de lui-même, car pour accomplir sa mission il doit incarner plusieurs personnes.

L'écrivain fait remarquer que le socialisme par plus ou moins quarante degrés, ce n'est pas vraiment la même chose. Heureusement, à Cuba il y a la plage. Tout de même, sur onze millions de Cubains environ deux millions vivent à l'étranger. Comme tous les Cubains, il a lui-même vécu des temps très difficiles, notamment pendant la période spéciale. [Dans le roman, Ana, la seconde femme d'Iván, meurt d'une malnutrition qui provoque une ostéoporose, puis un cancer des os.] Mais pour les mêmes raisons que son personnage – sa famille et ses amis vivent à Cuba –, l'écrivain n'a jamais voulu quitter l'île. Une personne dans la salle lui demande s'il n'a pas peur que Cuba devienne comme les États-Unis. Le risque existe, répond-il.

Cette année, explique l'écrivain, Cuba a connu sa plus mauvaise récolte de canne à sucre depuis cent cinquante ans. Pourtant, la population a bien travaillé dans les champs. Ce ne sont donc pas les travailleurs qui sont responsables de cette situation.

Grand merci à Leonardo Padura pour sa disponibilité (les photos) et à Anne Marie Métailié (très remerciée par l'écrivain à la fin du livre) pour la traduction.


Voici quelques photos de la rencontre.

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