Anselm Kiefer et les livres, Monumenta 2007 : Photos
En juin 2007, j'ai visité l'exposition Monumenta 2007 à la Nef du Grand Palais. J'y suis allé autant pour visiter le lieu que pour découvrir les œuvres d'Anselm Kiefer. Visiter une exposition est toujours une aventure. Le visiteur découvre un lieu ou des œuvres, parfois les deux. Ce jour-là je n'ai pas été déçu et j'ai rapporté quelques photos.
Les volumes de la Nef du Grand Palais sont impressionnants. Lorsque le ciel est dégagé, bleu, visiter la Nef du Grand Palais est une expérience grisante. On est dans un autre monde, sur une autre planète. C'est comme entrer dans un roman de Jules Verne. L'effet est plus étrange encore lorsque la Nef est habitée par des installations, des monuments. Les monuments de béton installés par les engins dominent le visiteur ; mais ils sont eux-mêmes avalés, écrasés par le volume de la Nef. Le plus joli est sans aucun doute lorsque le soleil fait une apparition et qu'à travers les verrières tombe une lumière chaude sur les blocs de béton, les monuments. C'est une serre géante où baignent dans la lumière jaune les vestiges, les ruines d'une civilisation peut-être détruite par la guerre ; un microcosme monumental, minéral et métallique, sous une cloche de verre. Parmi les vestiges ou les ruines sur lesquels ont poussé des plantes ou des fleurs métalliques déambulent intrigués et curieux quelques humains ramenés aux proportions de fourmis.
Dans ce microcosme de béton, de fer, de verre, au mieux de terre et de plantes, de palmiers desséchés, la culture et la vie ne sont pas absentes. La culture apparaît sous la forme de livres métalliques pris entre et sous les blocs de béton, ou dans d'étranges bibliothèques. Les pages métalliques des livres métalliques emprisonnent des éclat de verre ou sont criblés d'éclats de verre. Le sol lui-même est jonché de bris de verre. Une explosion ? Difficile à dire. Guerre et mer sont présentes sous la forme de navires de guerre hérissés de radars hypertrophiés évoquant une forme de communication, d'écoute, d'espionnage, et portés par des vagues métalliques. Les navires, la mer évoquent aussi le voyage. L'exotisme est représenté par le palmier couché, déséché, mort. C'est un voyage au bout de la nuit et comme un hommage à Céline, celui du voyage, justement. A travers la guerre sont représentés la vie et la mort. Vie et mort apparaissent aussi sous la forme d'un cœur arraché à la poitrine d'un homme étendu au pied d'une pyramide - monument par excellence -, un sacrifice humain.
Le lecteur l'aura compris, le travail de Anselm Kiefer n'est pas gai ; mais il est monumental. Pour en savoir plus sur le travail de l'artiste, vous pouvez également lire l'article Anselm Kiefer en une grande vague de plomb et bien sûr regarder les photos.
(Photos prises le 24 juin 2007. Cliquez sur les photos pour les afficher à leur taille normale.)
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