Imprimer
PDF

Pierre Michon, Les Onze : Lecture

Écrit par Renaud. Posted in Reportages - Evénements

(0 votes, moyenne 0 de 5)
Les Onze, Pierre Michon (wiki), Éditions Verdier, ISBN-13: 978-2864325529, France.

Les Onze - Pierre MichonSamedi 6 juin, Pierre Michon lit Les Onze à la Cité européenne des Récollets à l'occasion de la manifestation Paris en toutes lettres.

Dans un cadre superbe, Pierre Michon est assis derrière une grand table d'un noir ébène. En introduction, il est question de la littérature comme déflagration ou désintégration.

Pierre Michon fait remarquer le lieu approprié pour cette lecture. Il désigne les vitraux d'où tombe la lumière du jour. Puis, l'auteur introduit les scènes qu'il va lire : la première apparition du tableau au Louvres, sa description, et la scène de la commande avec les Limousins. L'auteur parle d'une voie cordiale. Ses paroles sont simples et précises. Et lorsqu'il n'est pas assez précis ou qu'une idée lui revient, il s'interrompt, revient sur ce qu'il a dit et apporte le complément.

L'auteur a maintenant l'habitude de lire le premier texte en public. Il le connait bien. En revanche, il est un peu intimidé par le second qu'il n'a encore jamais lu en public.

La première lecture fonctionne magnifiquement. C'est étonnant. Car ce sont des mots, mais on a davantage l'impression d'une expérience de peinture que de littérature. La peinture, le tableau, les reflets, le spectateur dans la salle du Louvres, tout cela est très présents. Le texte est beau à écouter et à se représenter.

Pour la seconde lecture, l'auteur prend à nouveau ses précautions. C'est la première fois qu'il lit le texte en public. Il se lance. Ça ne fonctionne pas. Et au bout de quelques lignes il s'arrête. « Non, ça ne va pas. » Il se concentre à nouveau et reprend au début. Maintenant ça fonctionne. Il poursuit. Superbe scène à nouveau. Épaisse, vivante, à la fois picturale et cinématographique, la scène de la commande avec les quatre représentants du comité de Salut public, Corentin et les limousins.

Le public est hypnotisé, subjugué par ces deux lectures.

Lorsqu'il répond aux questions du public, l'auteur fait ce lapsus : « Quand j'ai écrit ce tabl... ce texte... etc. »

Un spectateur évoque Victor Hugo pour la dimension épique du texte et Flaubert pour sa modernité. Pierre Michon acquiesce pour Victor Hugo. Il lui revient d'ailleurs le texte Quatre-vingt-treize et les trois personnages attablés avec chacun un verre devant lui - contrairement à la scène de la commande où ce sont des assiettes : Robespierre et un verre d'eau, etc. En revanche, il ne reconnait pas la modernité de Flaubert dans son texte.

L'auteur rapporte également la remarque qu'une lectrice lui a faite et qu'il juge pertinente : « Quand ça devient sérieux, les limousins se retirent. » C'est très juste. Pierre Michon ne souhaitait pas que l'image de limousin lui colle à la peau.

Pour terminer, l'auteur recueille des applaudissements nourris à la fois admiratifs et respectueux pendant de longues minutes.

Une belle lecture d'un beau texte dans un beau cadre.

 

Ci-dessous les photos de la lecture. Les photos ont été prises d'assez loin et sans trépied, ni téléobjectif. (Cliquez sur les photos pour les afficher en grand.)

 

 

Ajouter un Commentaire


Code de sécurité
Rafraîchir