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Prix Goncourt 2010, La carte et le territoire de Michel Houellebecq : L'opprobre

Écrit par Renaud. Posted in Reportages - Actualités

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Couverture La carte et le territoire - Michel Houellebecq

En France, l'automne est la saison des prix littéraires. Il y a les prix qui vous enthousiasment. Et il y a ceux qui vous affligent. Parmi ceux-là le Goncourt 2010 décerné à Michel Houellebecq pour son roman La carte et le territoire. On ne reviendra pas ici sur l'ensemble du texte. Qu'il nous suffise de citer l'auteur à propos du tourisme sexuel en Thaïlande :

« (...) les bordels tournent au ralenti mais ils sont quand même ouverts et ça me va, ça me convient, les prestations restent excellentes ou très bonnes. (...) Quand même, elles sucent sans capotes, ça c'est bien... » (p. 145-6)

Effectivement, comment ne pas être sensible à la finesse du style et d'esprit de l'auteur ?

Après que le Goucourt ait couronné Syngué Sabour d'Atiq Rahimi en 2008 (lisez également Terre et cendre), puis Trois femmes puissantes de Marie NDiaye en 2009, le Goncourt 2010 fut une douche froide pour beaucoup de lecteurs. Donner le plus prestigieux des prix littéraires français au plus médiocre des romans d'un auteur déjà passablement moyen et controversé, c'est le discréditer et jeter l'opprobre sur un pays, une culture. À coup sûr, ce prix laissera des traces, même au-delà de l'hexagone.

Pour tout dire, il y a dans ce prix une forme d'injustice insupportable. Car si ceux qui ont élus le texte avaient été contraints pour une raison ou un autre à sucer sans capote dans des bordels ; s'ils s'étaient fait voler leur jeunesse par des beaufs libidineux au portefeuille bien garni, leur choix « littéraire » eut été sans doute bien différent. Avec ce roman médiocre, ils n'ont même pas l'excuse d'avoir choisi un bon texte. Non, c'était écrit, le prix Goncourt 2010 devait être abject et médiocre.

En consacrant La carte et le territoire, le jury du Goncourt aura bu le calice jusqu'à la lie, et le lecteur par la même occasion lui qui n'avait pourtant rien demandé.

Hier, c'était la Journée nationale contre les violences faites aux femmes. (Lire également Combattre le viol, c'est s'attaquer à la domination masculine.)

L'opprobre, on vous dit.

 

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