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Cet article a été écrit à partir de notes prises au Salon du Livre de Paris les 17 et 18 mars 2012 au cours des rencontres suivantes :
- Le Roman du Je : autofiction et watashi-shôsetsu avec Kenzaburô Ôé et Philippe Forest (1h)
- L’œuvre : une affaire personnelle avec Kenzaburô Ôé (2h)
- La littérature de la catastrophe avec Kenzaburô Ôé et Satoshi Kamata (2h)
- Grande rencontre avec Kenzaburô Ôé (1h)
Kenzaburô Ôé s'exprimait en japonais. Entre ce que l'écrivain a dit, ce que la traductrice a compris, ce qu'elle a traduit – hommage aux traductrices d'ailleurs, on sentait une vraie barrière, voire un mur de la langue – , ce que j'ai compris, ce que j'ai noté, etc. ; il y a nécessairement un biais. Dans la mesure du possible, j'ai recoupé les notes avec les sources suivantes :
- Japan, The Ambiguous, and Myself, Kenzaburô Ôé, the Nobel Prize in Literature 1994
- Adieu au nucléaire !, Kenzaburô Ôé in L'archipel des séismes, C. Quentin, C. Sakai, éd. Picquier
- In Late Style, Kenzaburô Ôé in Du Japon, La Nouvelle Revue Française, mars 2012, sous la direction de Philippe Forest
et d'autres informations disponibles sur le Web. Du chaos de ces notes forcément parcellaires, j'ai tiré l'article qui suit.
Cet article est publié pour information. Il ne prétend ni à l'objectivité, ni à l'exhaustivité. D'avance, nous nous excusons auprès des auteurs si nous avons malencontreusement déformé leurs propos.

Kenzaburô Ôé (en) explique s'inspirer de la réalité pour écrire ses romans. Son histoire et celle de sa famille se retrouvent ainsi parfois transposées dans la fiction. À la fin d'Une affaire personnelle, le lecteur découvre une liste de correspondance entre les personnages du roman et les membres de sa famille. L'articulation de la réalité et de la fiction provoque un effet de confusion chez le lecteur qui est volontaire, recherché. L'écrivain lit et réécrit beaucoup. La réécriture tient une place importante dans son travail. Il transpose ainsi la réalité, réécrit son expérience personnelle sous la forme d'une fiction ; il repart également de textes antérieurs qu'il retravaille pour approcher au plus près une certaine réalité.
L'écrivain évoque sa première rencontre avec Philippe Forest alors le plus jeune et éminent membre de Tel Quel. P. Forest se remémore, lui, une image poignante dans Une affaire personnelle, celle de l'enfant handicapé marchant dans la neige sur une pente douce. Il lit un passage de la fin du livre :