La Pizzeria du Vésuve, Pascaline Alleriana
Lorsqu’on demande à Pascaline Alleriana pourquoi elle a écrit La Pizzeria du Vésuve, elle répond : « Pour donner à rêver. » Elle considère que le bonheur naît d’un regard particulier sur le monde [1]. À ses yeux, la lecture permet d’exercer ce regard, car elle exprime un rapport vivant au langage.
Consciente qu’il paraît chaque année davantage de livres que l’on peut réellement en absorber, Pascaline Alleriana a choisi de placer les intrigues de La Pizzeria du Vésuve (recueil de quatre longues nouvelles qui se suivent comme les chapitres d’un roman) dans des lieux exotiques, le plus inattendu d’entre eux étant un atoll polynésien. Attentive à présenter des situations vraies, elle a pris le parti de la focalisation interne : les événements sont vécus du point de vue des personnages (Kenneth l’Irlandais, Gaétan le provincial, Hélène la Parisienne, Anselme l’îlien) qui ont la jeunesse pour trait commun. Amour et désir se télescopent dans leur tête. Puis la jalousie les conduit à des extrémités heureuses comme le mariage, ou tragiques comme le suicide.
Comment La Pizzeria du Vésuve réussit-elle à faire rêver, dans ces conditions ? Tout est affaire de dosage et de style. L’usage du présent (parfois de narration) installe le lecteur au plus près de l’action, et celle-ci ne tarde pas. En quelques pages, on change d’endroit, d’émotion et de plaisir retardé, ce qui donne du piquant au livre, sans jamais déclencher l’incendie.
[1] "L'émergence du bonheur", lettre ouverte de Pascaline Alleriana, French Writers Worldwide, 4 novembre 2011.
http://www.frenchwritersworldwide.com/author-s-open-letter/aller-a-la-rencontre-du-bonheur


