Jean-Michel Guenassia, Le Club des Incorrigibles Optimistes
Jeudi 19 novembre, les lecteurs ont rencontré Jean-Michel Guenassia à la librairie L'Attrape-Cœurs. L'auteur, lauréat du prix Goncourt des lycéens 2009, est venu discuter de son roman Le Club des Incorrigibles Optimistes.
Les lecteurs se pressent dans la salle et dans le couloir. L'écrivain est assis au fond dans un coin derrière une table cernée par des étagères chargées de livres jeunesse. Une fois de plus, je me dis que là-bas cela ferait une belle photo avec le grand angle.
Jean-Michel Guenassia lit un extrait au tout début du roman, un passage sur la lecture. Michel, le héros, est un adolescent qui lit beaucoup... L'auteur est aussi discret que disert. Il parle posément, mais facilement et s'amuse avec les lecteurs. Il est précis dans ses explications et décrit avec force détails. C'est intéressant et dense. Il y a beaucoup d'informations aussi j'oublierai, voire déformerai, sans doute ce qui s'est dit pendant la soirée.
Jean-Michel Guenassia a commencé à écrire Le Club des Incorrigibles Optimistes en 2002. Mais l'idée de ce texte est venue en 1986. Avant de devenir romancier, celui-ci a écrit des scénarios. C'est à la faveur d'un travail à mi-temps qu'il a entrepris d'écrire son roman. L'auteur explique avoir commencé par la fin, à l'instar du roman d'ailleurs qui débute par la fin en 1980 avec l'enterrement de Sartre. On ne commence à écrire un texte qu'à partir du moment où on a la fin explique-t-il. Bien sûr, cela n'interdit pas d'en imaginer une autre pendant l'écriture du texte. De même, certains personnages apparaissent tandis que d'autres prennent une importance inattendue, et inversement.
Le texte a été beaucoup retravaillé et allégé en vue de sa publication. Certains personnages ont ainsi vu leur histoire disparaître. C'est le cas pour Igor et Werner, par exemple. Et à lire les aventures des uns et des autres, le lecteur se demande ce qu'il a bien pu manquer. De même, certaines parties de l'intrigue ont été supprimées. Par exemple, les raisons de l'agression de Werner demeurent un mystère. Dans la version finale, il reste l'accident par le biais duquel Igor fait la connaissance de Werner et de Vladimir. Au cours de son travail, l'auteur s'est interrompu, car quelque chose n'allait pas dans le texte. Après avoir longuement cherché, il s'est aperçu que le personnage de Sacha – un personnage très réussi – arrivait peut-être trop tôt dans l'histoire.
Sur le fond, l'auteur remarque que Le Club des Incorrigibles Optimistes est un texte sombre. Aussi a-t-il introduit une bonne dose d'humour. Et à certains moments, il est vrai que le texte est vraiment très drôle !
Le roman est riche en informations, notamment par rapport aux ex dictatures communistes d'Europe de l'Est. Le titre, explique l'auteur, s'inspire du roman de Milan Kundera, La plaisanterie. À l'époque, sous les régimes communistes, les populations manquent de tout. Afin que les gens ne manifestent pas leur mécontentement, et en attendant les lendemains qui chantent, les autorités les obligent à être... optimistes ! C'est le cas en Tchécoslovaquie, par exemple. Interdiction de critiquer le régime bien sûr, mais aussi obligation d'être optimiste ! Un comble. Et si vous n'étiez pas heureux, optimiste, c'est donc que vous étiez un opposant au régime. Dans La plaisanterie, l'étudiant et activiste communiste Ludvik Jahn s'attire les foudres du Parti après avoir écrit au dos d'une carte postale une phrase au second degré : « L'optimisme est l'opium du genre humain ! L'esprit sain pue la connerie ! Vive Trotski ! » C'est donc en toute logique que Pavel baptise le groupe formé par les réfugiés des pays de l'Est qui se retrouvent au café Le Balto place Denfert-Rochereau, Le Club des Incorrigibles Optimistes.
Puis vient la séance des dédicaces avec l'auteur.
Merci beaucoup à l'auteur pour cette rencontre enrichissante et ces éclaircissements. Et félicitations pour ce Goncourt des lycéens très mérité comme les lecteurs auront pu le lire.
Pour consulter quelques photos de la rencontre, suivez le lien Photos de Jean-Michel Guenassia, Le Club des Incorrigibles Optimistes.
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