| 25 Janvier 2010
1950 : Pierre Molaine (1906-2000) obtient de Prix Renaudot pour Les Orgues de l'enfer.
De 1935 à 1967, il publiera régulièrement et dans la discrétion romans et essais, en contrepoint d'activités non littéraires variées.
Voilà ce que - entre autres détails - j'ai glané sur le Web après avoir fait l'acquisition fortuitement d'un roman inédit posthume de Pierre Molaine, La Garrigue brûle, paru aux Éditions des Traboules.
Il s'agit de l'histoire d'un homme qui assiste, impuissant, à l'effondrement successif de différents pans de sa vie. Homme de talent, de séduction, de pouvoir, d'argent, mais recru de désillusions, il décide d'en finir avec son passé, tout en rédigeant dans la solitude une sorte de journal de vacances.
Portant sur la société, les hommes, les femmes, les jeunes, les mœurs un regard acéré, il nous convie à partager, avec une perspicacité qui transcende celle d'un simple personnage de fiction, ses certitudes sans concessions, et surtout son ironie, réponse féroce à ses désillusions.
Le lecteur a affaire à un livre d'une facture stylistique de qualité assez rare et presque inattendue aujourd'hui, livre nourri de la souffrance, à la fois physique et morale, d'un héros qui semble incarner la résistance impossible aux changements inhérents à toutes les évolutions et à une idée de l'homme faite de seule grandeur.
Très certainement, à mon goût, il y a là une œuvre de valeur et un écrivain à connaître, malgré le caractère parfois - voire souvent - suranné de cette œuvre, aussi actuelle qu'inactuelle, de désespoir.
D'autres inédits sont annoncés par l'éditeur. À suivre, sans aucun doute...




